Écobat infos

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• Table ronde Efficacité énergétique
• Caméras thermiques pour tous à Besançon
• Tour Elithis à Dijon : 8 kwh/m2 sans surcoût
• Le béton de chanvre entre dans l'âge de la maturité
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Ecobat Infos n°2
édition du 17 janvier 2012

• Efficacité énergétique : les 7 mesures clés du gouvernement
• Les matériaux bio-sourcés sont des matériaux comme les autres
• La construction bois prend de la hauteur
• Val d'Europe : la chaleur provient du datacenter
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Ecobat Infos n°3
édition du 2 février 2012

• Rénovation du tertiaire : les trois leviers majeurs
• Le béton secondaire, un gisement aux immenses réserves
• Le soleil pour architecte
• Le lycée Kyoto tient ses promesses

Écobat infos n°4 - édition du 16 février 2012

Les smart grids attendent leur modèle économique
L'énergie positive atteint des sommets
Construction21 lancé fin mars
Les certifications et labels en plein boom
La majoration des droits à construire sera cumulable

À la une

Les smart grids attendent leur modèle économique

Les appareils de mesure et contrôle sont prêts, les réseaux de télécoms aussi et les applications logicielles, bien avancées. Il ne manque plus grand-chose aux smart grids pour se déployer et améliorer le quotidien de M. Toutlemonde... Pas grand chose, sauf l'essentiel : l'investissement. Car le déploiement de ces réseaux intelligents d'électricité va coûter des milliards d'euros, selon Thierry Djahel, directeur du développement et de la prospective au sein de la division Buildings de Schneider Electric France. Il ne s'agit pas seulement d'équiper des écoquartiers flambant neufs, mais la France entière. Cela dit, cet expert estime que le financement ne devrait plus tarder : "Le prix de l'énergie et singulièrement de l'électricité deviennent des sujets majeurs. Dans ces conditions, le "négawatt" va peu à peu acquérir une valeur et contribuer à justifier l'investissement dans les réseaux électriques intelligents".

Thierry Djahel Certes, il serait présomptueux de prédire précisément l'évolution du prix de l'électricité pour les années qui viennent. Mais les effets secondaires de la loi NOME (Nouvelle organisation du marché de l'électricité), l'intégration progressive des coûts de modernisation des centrales nucléaires, l'arrivée des énergies renouvelables, le cours des énergies fossiles, etc., se conjuguent pour orienter la courbe vers le haut.
Thierry Djahel : "Le "négawatt" va peu à peu acquérir une valeur et contribuer à justifier l'investissement dans les réseaux électriques intelligents."

L'optimisation des coûts de production et de gestion du réseau va de ce fait devenir plus qu'urgente pour les opérateurs, confrontés à des coûts élévés lors des pics de consommations. Le soir du 17 février, alors que la France passait pour la première fois la barre des 100 000 mégawatts, l e mégawatt coûtait 343 euros sur le marché de gros - contre un peu plus de 40 € en tarif de base en janvier. Les opérateurs vont donc à l'avenir accorder la plus grande importance aux capacités de délestage et d'effacement du réseau que détiendront leurs clients. Les coupures ou allègements qu'acceptent aujourd'hui, en cas de besoin, les consommateurs d'électricité industrielle pourraient alors faire partie d'un forfait, souscrit par tout un chacun. "Les smart grids permettront à un particulier de s'effacer quelques minutes, de façon indolore, après qu'il ait par exemple reçu un SMS de son courtier en énergie. Mais cela se fera surtout de façon automatique, grâce à une connaissance fine, prévisionnelle et individualisée des usages de consommation. Des fournisseurs d'effacement auront négocié avec le client une capacité de non-consommation, qui sera ensuite vendue au gestionnaire de réseau" prévoit Thierry Djahel.

Ces watts non consommés seront alors bel et bien payés en euros sonnants et trébuchants. Le consommateur d'électricité sera aussi un fournisseur d'économie et rémunéré à ce titre. "Aujourd'hui, un mégawatt effacé se monnaye autour de 150 à 200 euros, calcule Thierry Djahel, cela nous donne une idée de prix. Mais en réalité nul ne sait quel sera son cours à l'avenir, lorsqu'il existera un marché du négawatt".

smart grid
La production distribuée sera à la fois une source de revenus et une exigence technique pour les smart grids, indispensables à la gestion de cette production diffuse.

Le prix du négawatt sera à n'en pas douter un paramètre pour la formation du modèle économique des smart grids. Il ne sera pas le seul. En combinant réseaux télécoms et applications logicielles ad hoc, les réseaux intelligents d'électricité permettent en effet de s'adapter aux évolutions profondes du secteur.

La décentralisation de la production tout d'abord. Dotés de panneaux solaires d'éoliennes, de chaudières à micro-cogénération et peut-être de batteries, des dizaines voire centaines de milliers de clients vont devenir petits founisseurs. Cette production distribuée sera à la fois une source de revenus et une exigence technique pour les smart grids, indispensables à la gestion de cette production diffuse.

Ensuite, l'arrivée des énergies renouvelables mais intermittentes suppose une plus grande expertise dans l'articulation entre production et consommation. "Les fournisseurs d'énergie devront acheter des données de consommation, pour adapter au mieux leur offre - le meilleur tarif au meilleur moment" explique Thierry Djahel. Ces données seront collectées auprès de leurs clients par les fournisseurs d'accès aux smart grids, puis traitées et revendues.

Enfin, les attentes des clients grand public. Familiers d'internet, des smartphones et, bientôt, de la domotique, demandeurs de confort mais aussi contraints de maîtriser leurs factures d'énergie, les clients devraient plébisciter ces nouveaux équipements, lorsque le prix sera acceptable. "Une box reliée par internet à un réseau de communication permet de gérer les consommations électriques (et énergétiques) d'une maison. Ce sera bientôt possible aussi à l'échelle d'un quartier " constate Thierry Djahel. A l'initiative de l'Etat, qui joue là son rôle d'aménageur du territoire, des projets pilotes ont été lancés à Lyon, lssy-lesMoulineaux, Nice... "Ces chantiers ne sont pas vraiment expérimentaux. Encore une fois, les industriels disposent des technologies qui permettent d'aller très vite, même si un petit effort est encore à produire sur les applications logicielles" précise Thierry Djahel.

Equiper les bâtiments, mailler les quartiers, les villes et l'ensemble du territoire... c'est bel et bien l'ambition des Schneider Electric, Siemens, Alstom, Legrand, Microsoft, IBM, Cisco, Alcatel, etc., avec en arrière-plan un souci d'interopérabilité et une bataille sur les standards de communication. Mais la difficulté sera aussi et surtout de fournir un service de qualité et bon marché à tous les clients, car les smart grids devront servir l'intérêt général. De ce point de vue, le plus dur reste à faire.

Jean-Philippe Pié



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Réalisations

L'énergie positive atteint des sommets

En 2020, tous les bâtiments neufs en France devront être à énergie positive, alors qu'aujourd'hui, la moyenne des bâtiments existants est proche de 300 kw/m2/an. Le saut à effectuer est important et une révolution dans les modes constructifs est en cours. Certains bâtiments, confrontés à un milieu beaucoup plus difficile, obtiennent déjà des résultats étonnants, tant en matière d'autonomie énergétique que d'économies des ressources en eau. Certains peuvent même fonctionner en circuit fermé, tout en fournissant de bonnes prestations C'est le cas pour un refuge de haute montagne qui a ouvert ses portes dès 2009 en Suisse et qui tient toutes ses promesses.

Situé en face du Cervin à 2 883 mètres d'altitude et construit entièrement en bois, le refuge alpin du Mont Rose, près de Zermatt, possède non seulement une esthétique remarquable mais aussi et surtout des capacités d'autonomie énergétique et en eau sans équivalent aujourd'hui. Ceci dans un milieu hostile et pour un bâtiment de bonne envergure, capable d'accueillir entre mars et octobre 120 personnes, le plus souvent des alpinistes. Il appartient au Club alpin suisse, section Monte Rosa et a été conçu par l'architecte suisse Andreas Deplazes, auteur de plusieurs bâtiments sur le même principe, professeur et auteur d'ouvrages sur le matériau brut.

Mont Rose
Installé à 2 883 mètres d'altitude et exposé à des températures extrêmes, le refuge du Mont Rose produit 90 % de son alimentation en énergie.

Ce bâtiment produit lui-même 90 % de son alimentation en énergie grâce à un ensemble d'équipements innovants :
- Des collecteurs sur le terrain captent la chaleur du soleil qui permet de réchauffer l'eau ainsi que l'air insufflé dans le système d'aération du refuge.
- Des panneaux photovoltaïques montés sur la façade sud lui permettent de produire son propre courant électrique stocké sur batteries.
- L'eau de fonte disponible uniquement pendant quelques mois de l'année est collectée et stockée dans une caverne. Ainsi, les hôtes bénéficient de toilettes à eau et de quatre douches à eau chaude.
- Une installation de micro-filtration à base de bactéries assainit les eaux usées, alors que les eaux grises sont réutilisées pour la chasse d'eau et le lavage.

Un logiciel développé à l'Ecole polytechnique fédérale de Zurich contrôle automatiquement et à distance toutes les installations techniques, en fonction à la fois du système de réservation pour les clients, de la capacité des batteries et des annonces de la station météorologique. L'ordinateur de l'école gère l'énergie de façon à ce que le bâtiment maintienne un degré d'autonomie maximal. La réalisation a coûté 6,5 millions FCH, soit 5 millions d'euros.

Le Club alpin suisse réunit 120 000 membres et représente l'une des associations sportives les plus importantes en Suisse. Il construit des refuges depuis 145 ans. Fondée en 1855 l'Ecole polytechnique de Zurich est une grande école scientifique et technique, présente dans tous les grands domaines d'enseignement et d'application des sciences. De niveau mondial, elle compte 12 500 étudiants et 350 professeurs.

Jean-Philippe Pié





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Bonnes pratiques

Construction21 lancé fin mars

www.construction21.eu : une URL qui va bientôt intégrer les favoris des professionnels de la construction. Inaugurée fin mars 2012 par l'Ifpeb (Institut français pour la performance énergétique dans le bâtiment), cette plate-forme a pour ambition de recenser, présenter et comparer toutes les réalisations performantes, tant dans le neuf qu'en rénovation, en France et en Europe. "Le but est de diffuser rapidement les meilleures pratiques de la construction durable, explique Véronique Pappe, chef de projet. Nous allons référencer 500 projets d'ici mai 2013". A la différence des observatoire existants, comme observatoireBBC.org, le champ de recherche est européen. Pour le moment, 6 pays sont associés* mais à terme, l'Europe des 27 devrait être couverte.

Construction 21
Opérationnel dans un mois, Contruction21 veut devenir la vitrine des meilleures constructions "durables" en Europe, sur un mode collaboratif.

Le mode opératoire est collaboratif, la base de données étant renseignée par les utilisateurs eux-mêmes, architectes, maîtres d'ouvrage, constructeurs, bureaux d'études, certificateurs... Leur démarche est gratuite. Le développement du site est financé à 75 % par l'Union européenne (2 millions d'euros sur deux ans) et le solde par les partenaires : Ifpeb et Ciridd Saint Etienne pour la France, DGNB et PE International pour l'Allemagne, etc. Dans chaque pays, les associés ont pour mission d'animer le site auprès de leur communauté professionnelle et de garantir la qualité des présentations.

Construction21 va proposer trois grandes fonctions : une base de données de réalisations, une bibliothèque des innovations et un outil d'échange entre professionnels, de manière à tisser un réseau social des pros de la construction durable en Europe. "Nos thématiques ne se limitent pas à l'énergie, même si le site devrait lui faire la part belle. Elles incluent par exemple les émissions GES, l'environnement urbain, l'intérieur des locaux... Bref, l'ensemble des pratiques qui concourent à l'amélioration de la construction" précise Véronique Pappe.

Le site se distingue aussi par son côté concret : les réalisations présentées doivent non seulement exister mais être terminées. On est donc loin du projet architectural en 3D qui parfois ne voit jamais le jour ou subit d'importantes modifications. Les coûts doivent être clairement affichés, de même que la description des principales innovations. Un aspect qui devrait attirer l'attention des fabricants de matériaux et d'équipements, qui disposeront là d'une vitrine pour leurs travaux et d'une source de contacts potentiels. Les réalisations seront présentées en anglais sur toutes les plate-formes du site et reprises par BuildUP, l'outil développé par la commission européenne.

D'où est venue cette idée ? "C'est l'Ifpeb qui a identifié ce besoin, suite aux réunions menées avec les grandes entreprises de la construction, de l'énergie et de l'immobilier. Le projet a ensuite été soutenu par les partenaires européens, via des lettres d'intérêt claires, et sélectionné par l'Union européenne dans le cadre de son appel à projets Intelligent Energy for Europe " explique Véronique Pappe.

Construction21 sera officiellement lancé fin mars 2012, mais déjà présenté en avant-première lors du salon Ecobat ; il relaiera d'ailleurs les présentations, les vidéos et les débats des conférenciers.

Jean-Philippe Pié

* France, Allemagne, Italie, Espagne, Roumanie et Lituanie

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Tendances constructives

Les certifications et labels en plein boom

La certification de logements a progressé de 6,2 % en 2011, selon les évaluations de Qualitel, et grosso modo, une opération sur deux est aujourd'hui certifiée en France. Les demandes de certifications reçues par l'association en 2011 s'élèvent ainsi à plus de 170 000, soit 10 000 de plus qu'en 2010. Au delà des demandes, les certifications délivrées seraient au nombre de 120 000, selon les premières estimations, en attendant le rapport d'activité définitif de Qualitel. Cet organisme indépendant et multipartite estime réaliser 50 à 60 % de l'ensemble des certifications de logements en France et ses statistiques donnent donc un bon aperçu des tendances en la matière.

Pourquoi un tel succès de la certification ? "La raison réside dans l'évolution des attentes des maîtres d'ouvrage, qui souhaitent des logements respectueux de l'environnement, économes en charge et de bonne qualité globale" explique Antoine Desbarrières, directeur de Qualitel. L'essentiel des demandes de certifications (125 000) est en provenance du logement collectif et individuel groupé neuf. 91 000 concernent les certifications Qualitel et Habitat et Environnement. Mais ce sont les certifications NF logement et NF logement démarche HQE qui se révèlent les plus dynamiques, avec une progression de 42 % par rapport à 2010.

qualitel La certification Qualitel va fusionner avec celle d'Habitat et Environnement pour simplifier l'offre et mieux prendre en compte l'environnement dans les évaluations des logements collectifs.

L'existant est loin derrière : les certifications Patrimoine Habitat et Patrimoine Habitat et Environnement ont reçu 32 000 demandes. Quant aux maisons individuelles, 15 000 ont émis une demande de certification en NF standard et NF démarche HQE. La démarche de certification coûte quelques centaines d'euros (entre 200 et 400 dans la plupart des cas).

Si la certification fait feu de tout bois, il n'empêche que la multiplication des appellations commence à constituer un vrai problème. Comment se retrouver dans ce maquis ? Bonne nouvelle, les référentiels de certification seraient en voie de simplification. "La tendance est à la clarification, les marques étant très nombreuses. Pour notre part, nous allons regrouper la marque Qualitel et la marque Habitat et Environnement, annonce Jean-Yves Colas. directeur des études et recherches de Qualitel, nous allons aussi introduire plus de garanties de performance dans nos référentiels, par exemple, dans un premier temps, des objectifs chiffrés de performance acoustique."

Le succès de la certification est aussi lié à l'engouement pour les labels énergétiques, en particulier le BBC-Effinergie. Qualitel a ainsi passé en revue 1075 opérations* BBC-Effinergie en logements collectif et en maison individuelle menées en 2011 (soit 10 % de la production) et mis en évidence l'influence de ce label sur l'amélioration des procédés constructifs. Une amélioration qui elle-même nourrit la demande de certification... Qualitel remarque en particulier une évolution significative dans les solutions d'isolation, qui privilégient désormais l'isolation par l'extérieur. "Cette technique traite plus efficacement les ponts thermiques. 55 % des logements collectifs BBC-Efffnergie sont aujourd'hui isolés de cette manière" souligne Jean-Yves Colas. Cette tendance est beaucoup plus marquée dans les régions froides. L'isolation par l'intérieur reste en revanche la règle dans le Sud et dans les régions côtières. Les techniques utilisées font la part belle au béton plein (16 ou 20 cm), matériau choisi dans 75 % des opérations, les autres se tournant vers les blocs de béton et la brique. Mais là aussi subsistent de fortes disparités régionales, la brique étant par exemple majoritaire dans l'Ouest et le Nord-Est de la France.

L'isolation par l'intérieur résiste un peu mieux dans les maisons individuelles (50 % des opérations), le matériau étant alors la brique (60 %), puis le parpaing (20 %) et enfin le bloc de béton. Mais l'isolation intégrée à une ossature bois est en forte extension : 18 % des projets analysés y ont recours, là aussi avec d'importants particularismes régionaux - la construction dans le Sud-Ouest y fait plus appel qu'ailleurs.

La donne est également en train d'évoluer en profondeur du côté des équipements de production de chaleur. "Après plusieurs années d'individualisation des modes de chauffage, le chauffage collectif revient en force dans les immeubles d'habitation" annonce Jean-Yves Colas. Logique. Les bâtiments BBC réclamant peu d'énergie, l'installation d'une seule chaufferie se révèle plus efficiente que celle de plusieurs petites chaudières. Dans 72 % des cas, ces chaufferies sont au gaz. A noter que dans l'habitat individuel groupé (les lotissements, pour l'essentiel), 7 % des projets de labellisation BBC font appel à une chaufferie collective et 4 % à une solution mixte, pour les mêmes raisons que dans le logement collectif.

La production d'eau chaude est également complètement bouleversée par les exigences du BBC et fait de plus en plus appel au solaire avec appoint. C'est ainsi le cas pour 70 % des maisons individuelles en voie de labellisation, et pour 32 % des immeubles. L'eau chaude solaire collective s'impose largement dans les régions méridionales.

Dernier point examiné par Qualitel, la ventilation. Elle est hygroréglable B dans la grande majorité des cas, tant en collectif qu'en individuel et ce choix concerne à peu près toutes les certifications, pas seulement le label BBC Effinergie. La VMC double flux pâtit de son coût et des contraintes d'entretien.

Jean-Philippe Pié

*Cette analyse a porté sur 33 448 logements collectifs et sur 251 maisons individuelles groupées

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Réglementation

La majoration des droits à construire sera cumulable

La spectaculaire annonce du Président de la République le 29 janvier dernier sur la majoration de 30 % des droits à construire "sera cumulable avec les mécanismes de majoration déjà existants pour encourager la construction de logements sociaux et de logements performants sur le plan énergétique.", selon le texte présenté en Conseil des ministres le 8 février par le secrétaire d'Etat au logement.

La bonification du coefficient d'occupation des sols (COS) pour les constructions ou rénovations performantes au plan énergétique était inscrite dans la loi Pope (Programme fixant les orientations de politique énergétique) du 13 juillet 2005 et ses conditions de mise en oeuvre ont été précisées dans les arrêtés du 3 mai 2007.

Elle est attribuée aux maîtres d'ouvrages engageant des travaux de construction ou de rénovation d'un bâtiment destiné à être labellisé BBC ou TPHE EnR. En neuf, le bonus s'applique en usage résidentiel et tertiaire. En extension de l'existant, uniquement en résidentiel. Selon le Guide "Bonus de COS et construction durable" édité par l'Ademe, "ce principe d'incitation permet de récompenser les bonnes pratiques environnementales. La traditionnelle objection du "surcoût à l'investissement" disparaît grâce au bénéfice économique (m2 constructibles supplémentaires) offert aux maîtres d'ouvrage. Le coût global se réduit, la valeur d'usage des bâtiments augmente et les futurs occupants bénéficient d'économies de charge."

Délivrée au stade du permis de construire, une attestation est établie par un organisme accrédité à délivrer les labels concernés ou par une personne répondant aux conditions des articles R. 271-1 à R. 271-4 du code de la construction et de l'habitation et en possession d'une certification pour réaliser un diagnostic de performance énergétique visé à l'article R. 134-2 de ce code.

Cette majoration "environnementale" sera donc désormais cumulable avec celle prévue par le nouveau projet de loi relatif à la majoration des droits à construire (n°4335, 8 février 2012). Celui-ci prévoit, en l'absence d'une délibération contraire de l'établissement public de coopération intercommunale ou du conseil municipal adoptée avant l'entrée en vigueur de la loi, une majoration de 30 % des règles de gabarit, de hauteur, d'emprise au sol ou de coefficient d'occupation des sols. Toutefois, cette majoration ne s'applique ni dans les zones les plus exposées au bruit autour des aéroports, ni dans les secteurs sauvegardés. Elle ne permet pas de modifier des règles édictées par une servitude d'utilité publique, notamment en matière de risques, de protection du patrimoine, ou de déroger aux lois sur le littoral et la montagne.

Selon le projet de loi, la majoration des droits à construire de 30 % est applicable aux demandes de permis et aux déclarations déposées avant le 1er janvier 2016.

Jean-Philippe Pié


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